04 Nov

Permets-toi donc d’en profiter…

 

Permets-toi d’en profiter …

Je sais que tu te la casses souvent, ta tête de maman.
Je te comprends tellement!
Je sais que tu veux être sûre de tout faire correctement.
De ne rien « laisser passer ».

Pis t’as le droit de te plaindre que t’es fatiguée.
Ooooh oui t’as le droit!
Mais t’as le droit aussi de pas vouloir suivre les directives de la voisine, de
matante chose, de l’amie de l’autre, ou encore de la madame dans la vidéo
sur YouTube qui essaie de te rentrer dans la tête qu’un bébé ça se
programme comme un ordinateur.

T’as le droit de pas être d’accord quand on te dit que tu vas le « gâter »,
alors que toi, tu ne vois pourtant pas comment une maman pourrait donner
trop d’amour et d’affection à son bébé.

T’as le droit de penser que NON, on n’a pas besoin de « casser » un bébé
comme si c’était une paire de chaussures neuves .

S’il y a bien quelque chose que j’ai réalisé à mon deuxième enfant, c’est
combien tout a filé si vite pour mon premier bébé.

Ma première expérience de maternité, j’en ai bien sûre profité.
Mais je me suis aussi plainte de fatigue.
Souvent.
Beaucoup.

J’ai lu mille livres et deux milles articles sur le sommeil du poupon.
Jusqu’à ce que je réalise que toutes ces théories n’allaient pas déloger
mon instinct de maman.

Pis le temps a passé.
Très vite.
Et à 3 ans et demi ma fille a enfin commencé à dormir longtemps la nuit.
Même à 5 ans, elle nous rejoint encore souvent dans notre lit, mais je suis
pas mal certaine qu’elle ne voudra plus rien savoir de dormir avec nous à
16 ans;). Je sais aussi que son petit réservoir d’amour, de sécurité et de
confiance aura été bien rempli. Je la vois déjà prendre doucement son
indépendance. Elle a cette facilité à aller vers les autres avec une si grande
confiance!

Pis ces p’tits moments qu’on avait, juste nous deux, quand elle était bébé,
lors de ses réveils nocturnes, où je la rendormais au sein, ou tout contre
moi, ben ça m’a un peu manqué par la suite…
Et je m’en suis un peu voulu d’avoir trouvé ça aussi tuff.
D’avoir parfois voulu que ça passe vite…

Quand son p’tit frère est né, je savais désormais à quel point tout ça
passerait à vive allure et que tous ces précieux moments allaient eux aussi
s’envoler et ne pas revenir.

Et j’ai fait le choix d’en profiter le plus possible.
De faire un gros « fuck you » à la perfection et aux grandes règles.

T’as le droit de déroger de la satanée routine des fois t’sais!
T’as le droit de ne pas faire preuve d’une constance exemplaire.
T’as le droit de laisser ton bébé dormir longtemps dans tes bras, de le
laisser faire dodo dans ton lit, et de vouloir profiter de son p’tit souffle de
bébé dans ton cou au détriment de la règle (non)écrite disant que tu vas
perturber sa vie et la tienne si tu ne lui apprends pas immédiatement à
s’endormir seul dans son lit comme un adulte.
T’as le droit de ne pas vouloir lui exiger de faire NOS nuits d’adultes même
si telle ou telle personne te demande s’il fait « ses nuits » à toutes les 2
semaines.

Je ne nie pas l’importance de la routine et de la constance.
Loin de là!
Mais je crois qu’il peut y avoir un certain équilibre là-dedans sans qu’on se
tape sans cesse sur la tête…
Cette satanée #culpabilitédemom …

Je ne connais personne qui n’arrive pas à aller se coucher le soir parce
qu’il n’a pas eu une routine dodo assez serrée jadis, quand il était bébé.
Pas plus que je ne connais de parents de 3-4 enfants et + qui n’ont pas
survécu au manque de sommeil.
(Parole d’une survivante qui n’a pas dormi depuis 2013).

Pis t’as le droit de trouver ça tuff.
Pis t’as le droit de l’exprimer sans te faire vanter à tout bout de champ les
mérites de telle ou telle technique que tu devrais donc essayer.

Mais t’as aussi le droit de te trouver chanceuse et de vouloir, plus tard, te
rappeler davantage de ton nez enfoui dans les cheveux de ton bébé
endormi contre toi, plutôt que de te souvenir de la constance et de la
rigueur exemplaires de ta routine dodo.

T’as le droit de vouloir en profiter le plus possible pendant qu’il est encore
petit, et de vouloir avoir le sentiment d’avoir savouré ces moments aux
maximum.

T’as le droit de te faire confiance pis d’avoir la ferme conviction que NON,
c’est PAS comme ça qu’on « fabrique » des enfants roi.

Et surtout, t’as le droit de te fier à ton instinct maternel, toi qui connaît
mieux que quiconque ton bébé, pis d’être zen avec tes choix!

(T’as aussi le droit de chialer que ce texte était beaucoup trop long).

Bref, relax, pis sors un peu des règles de temps en temps, pis profites-en!

 

 

Par: Annie-Claude Bérubé

4 novembre 2019

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *