26 Sep

Mon enfant et le moule

Ces temps-ci, ma fille de 3 ans nous semble de plus en plus rêveuse. On voit sa personnalité se forger de jours en jours et on a l’occasion de remarquer quelques petites choses. Bien qu’elle ait toujours été très sociable et très ouverte aux gens (et elle l’est encore), de plus en plus, on voit qu’elle aime avoir sa bulle et qu’elle ne ressent pas toujours le besoin de se mêler aux autres quand elle se retrouve en groupe. Cela dépend des jours. Elle est dans une phase où elle capote sur les princesses et les robes (le temps de la petite fille « tom boy » est résolu); d’ailleurs elle est vraiment mignonne à voir aller!

Aussi, cela semble parfois plus long pour elle avant d’intégrer une demande ou une consigne, et elle a tendance à prendre son temps pour l’effectuer. Pas qu’elle n’a pas compris, ooooh non!!! Elle comprend même déjà beaucoup trop de choses pour son si jeune âge ma petite tornade!! Mais elle ne semble tout simplement pas voir l’urgence de la situation. Après tout, l’enfance passe si vite! Elle aura bien le temps, plus tard, d’être stressée avec le temps.

Depuis qu’elle n’a que quelques mois, ma fille, c’est un bébé-clown! Avant d’être parents, mon chum et moi, on était loin de se douter que le sens de l’humour pouvait se développer à un si jeune âge!

Elle est aussi une petite fille qui a tendance à être lunatique. On dirait presque qu’elle a été élevée dans le bois parmi les loups tellement elle est constamment couverte de bleus et d’égratignures, parce qu’elle s’enfarge régulièrement dans les tuiles du plancher. Il arrive régulièrement qu’elle ne nous réponde pas quand on appelle son nom parce qu’elle est perdue dans ses pensées ou qu’elle est très concentrée sur son jeu, ou sur le monde imaginaire de princesse qu’elle s’est créé dans le salon!

De plus, je vois souvent son visage changer d’expression lorsqu’elle se met à réfléchir avec une grande concentration ou à analyser une phrase ou une situation. Il semble se passer beaucoup de choses dans sa belle petite tête frisée!! Et il n’est pas rare qu’elle nous sorte un bout de discussion qu’elle a capté entre mon chum et moi, dans les derniers jours, alors qu’on n’aurait jamais cru qu’elle pouvait comprendre ce dont on parlait!! #OUPS

Jusqu’ici, vous vous dites peut-être : « il n’y a absolument rien d’anormal dans tout ça; on parle d’une petite fille de 3 ans !! ». Et bien si tel est le cas, je partage à 100% votre avis. Et d’abord, c’est quoi la « normalité »? Je suis plutôt de ceux qui pensent que le monde serait bien ennuyeux si tous les enfants et tous les adultes entraient dans un moule, qu’ils agissaient de la même façon, avec le même caractère et la même personnalité…

C’est pourquoi je me suis demandé pourquoi j’étais autant titillée lorsque quelqu’un de notre entourage soulignait le fait que ma fille était lunatique ou encore rêveuse, ou bien « dans sa bulle », qu’il fallait répéter plus d’une fois pour obtenir une réponse ou une action de sa part, ou encore qu’elle n’était pas toujours sur le même rythme que les autres. Pourtant, ces personnes qui interagissent autour d’elle ne sont que remplies de bonnes intentions et ne font que mettre des mots sur une réalité. Une réalité qui peut encore aussi bien changer au fur et à mesure que ma fille continuera de grandir et d’évoluer, car rien n’est tout blanc ni tout noir! Dans ma tête à moi, ma fille n’est pas ses comportements, elle est une enfant qui adopte des comportements X à des moments donnés… Grosse nuance! (mouais, là j’ai l’impression d’avoir remis mon chapeau d’intervenante).

Puis, récemment, j’ai compris. Tout ça, c’est le reflet de moi-même. De mes traits de personnalité à MOI. Enfant, j’étais comme ça. Peut-être pas aussi téméraire que ma fille, mais quand même, on me qualifiait de lunatique et rêveuse. Et sans vouloir rien enlever au milieu et au système scolaire dans lesquels j’ai évolué, j’ai toujours perçu ces traits de ma personnalité comme étant dérangeants, nuisibles, anormaux par rapport aux standards de la société.

Heureusement, tout comme mon conjoint et moi envers notre fille, mes parents n’ont jamais tenté de me catégoriser ou d’apposer une connotation négative sur ces caractéristiques de ma personnalité, et je les en remercie.

Avec le temps, j’ai appris à composer avec ces parties de moi, à les adapter, mais jamais à les renier. Et bien que certains de mes professeurs du primaire et du secondaire ont parfois dénigré le fait que je préférais dessiner dans mes cahiers plutôt que de remplir les exercices ou encore que j’avais trop souvent la tête ailleurs, cela ne m’a pas empêché de faire des études collégiales et universitaires par la suite ;). Mais je sentais que ces caractéristiques qui m’étaient propres ne cadraient pas avec ce qu’on attendait de moi, que ce soit à l’école, dans mes groupes d’amis, dans les sports que j’ai pratiqués, etc. Et j’ai dû très souvent faire beaucoup d’efforts pour m’adapter. Tout ça ne m’a pas été que nuisible hein! J’en ai quand même retiré de précieux apprentissages.

Mais il reste quand même que maintenant que je suis maman, je dois travailler très fort sur moi-même pour chasser ces sentiments négatifs qui sont associés à ces traits de personnalité, alors que c’est de cette façon que je les ai moi-même perçus dans le passé. Et je ne veux tellement pas que ma fille se sente anormale, enfermée dans une catégorie X, ou qu’elle sente l’obligation de se comparer aux autres et de changer sa façon d’être. Je souhaite travailler en équipe avec tous les gens qui l’entourent (et d’ailleurs elle est déjà très bien entourée) pour lui fournir les outils qui l’aideront à bien fonctionner et à s’épanouir dans les différentes étapes de sa vie, tout comme je le ferai pour son petit frère d’ailleurs, mais tout en respectant ce qu’elle est, sa personnalité, son authenticité, sa couleur, tout ce qui fait d’elle la petite fille incroyable qui nous remplit de tellement d’amour, de soleil et de bonheur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *