11 Avr

L’amour fraternel : complicité ou compétition ?

Saviez-vous que près d’un adulte sur trois est en conflit avec son frère ou sa sœur ? Nous sommes tous des êtres profondément différents, même si nous sommes nés et éduqués par les mêmes parents. Il est normal que nous ayons moins d’affinités avec l’un ou l’autre, qu’il fasse partie de la famille ou non. Mais, en tant que parents, pouvons-nous poser certaines actions qui pourront favoriser une bonne entente entre nos enfants aujourd’hui et, peut-être, pour la vie ?

L’arrivée d’une nouvelle personne

En général, tout débute avec l’arrivée de bébé numéro 2. L’aîné, qui avait depuis sa naissance toute notre attention, doit maintenant partager ses parents, ses jouets et son environnement avec une petite personne qui exige beaucoup. Parfois, il n’a que 2, 3 ou 4 ans et nous lui répétons qu’il est le plus vieux et qu’il doit être raisonnable. Alors peuvent s’installer les sentiments de jalousie, d’envie ou de frustration. Ces émotions ne sont pas uniquement négatives, car ce sont aussi elles qui encouragent la création de notre unicité et de notre personnalité. Par contre, il faudrait essayer d’éviter les phrases qui peuvent inciter à la comparaison et à la compétition, comme, par exemple : « Fais comme ton frère, LUI il range bien ! », « Ta sœur, ELLE est capable, pourquoi pas toi ? ». Ces phrases qui ont beaucoup plus tendance à les diviser qu’à les unir…

« Les rejetons de toutes les espèces, y compris la nôtre, luttent pour l’amour de leurs parents. » – Chantal Éthier, Frères et sœurs entre fusion et rivalité, Châtelaine janv. 2014

L’amour parental

Nous n’agissons pas de la même façon avec tous nos enfants. Nous avons des mots (d’encouragement ou de reproche) et des gestes différents pour chacun. Il est important d’en prendre conscience, car l’enfant ne comprend peut-être pas toutes ces subtilités, mais il les ressent assurément. Le but n’est pas d’être identique avec chacun. Il est inutile de permettre exactement la même chose à l’un et à l’autre, d’offrir les mêmes cadeaux, de faire les mêmes sortie,s car nous avons tous des envies, des goûts et des besoins différents. Cependant, tentons d’être justes (et non égal).

« Il faut que le frère ou la sœur cesse d’être perçu comme un rival avant qu’on puisse éprouver d’autres sentiments à son égard.»  – Jeanne Safer, psychothérapeute new-yorkaise, L’amour fraternel est-il une illusion?, L’actualité

Comment favoriser la bonne entente ?

Dès l’arrivée du petit frère ou de la petite sœur, il est important d’impliquer l’aîné le plus possible. Lui demander son avis pour l’achat d’un vêtement ou d’un livre, le faire participer aux boires ou aux changements de couches peut faire toute la différence dans leur attitude face à cette nouvelle personne. Il est aussi primordial de continuer à passer des moments seul avec lui (parfois avec maman, parfois avec papa), ainsi que des moments d’activité en famille. Voilà pour les premiers pas dans ce nouveau rôle de grand frère ou de grande sœur.

Par la suite, il faut garder en tête que nous sommes les premiers exemples de nos enfants. Comment réglons-nous nos conflits entre conjoints ? Y a-t-il des cris ? Du manque de respect ?

Ensuite, comment réagissons-nous vis-à-vis leur conflit ? Endossons-nous le rôle de médiateur ou celui de juge qui évoque les sentences?

Voici quelques étapes suggérées à la suite d’une mésentente :

1- Se calmer (on peut prendre 5 à 10 minutes en solitaire)

2- Discuter de façon respectueuse en exprimant ses émotions

3-Pardonner et se réconcilier, parfois en posant un geste de réparation

Et finalement, soyons attentifs à nos petits et aux situations qui pourraient être évitées. L’ennui, la fatigue, trop de temps d’écran peuvent être des facteurs à la source de conflits. On peut alors suggérer une activité en solitaire durant une trentaine de minutes, en général, l’ambiance est transformée par la suite.

« Dans la construction psychologique d’un individu, l’influence de la fratrie est bien plus grande que celle des parents. »  – Nicole Prieur, philosophe et psychothérapeute familiale, La fratrie construit notre identité, magazine Psychologie

Nous ne pouvons pas exiger de nos enfants qu’ils s’aiment. Par contre, nous pouvons leur apprendre à vivre en communauté. Nous pouvons leur donner l’exemple du respect, du partage et d’une bonne communication. Non, ce n’est pas tous les jours faciles et oui, comme pour tous les principes d’éducation : nous allons répéter, répéter, répéter,… ! Mais quel bonheur lorsqu’on voit ce lien fraternel se créer, s’épanouir et se solidifier année après année !

Par Noëmie Forget

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